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Patrice Maltaverne avec Murielle Compère-Demarcy, en 2015, pour la sortie de "Trash fragilité" de Murielle Compère-Demarcy, aux éditions du Citron Gare, juin 2015.

Patrice Maltaverne avec Murielle Compère-Demarcy, en 2015, pour la sortie de "Trash fragilité" de Murielle Compère-Demarcy, aux éditions du Citron Gare, juin 2015.

Faux Partir, Patrice Maltaverne

Note de lecture rédigée par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) 20.12.14 dans La Cause Littéraire : La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

 

Faux Partir, Recueil de poèmes, éd. Le Manège du Cochon Seul [Nevers], septembre 2014, 60 pages, 9 €

Ecrivain(s): Patrice Maltaverne  

 

Rien ne sert de courir : il Faux Partir. A point, mais Partir. Par quelles voies, par quels chemins ? Suivant quelles voix ? Si un recueil de Patrice Maltaverne s’annonce comme une invitation à un voyager vrai (cf. Préface Pierre Bastide pour Faux Partir) c’est que l’on sait que ses poèmes sont bons compagnons de voyage. Et si Faux Partir résonne – avec son titre comme d’injonction – avec une poésie particulière, c’est que l’on sait que celle de Maltaverne tient la route et que le recueil ne manquera pas de dépaysements. Dépaysements salvateurs ou salutaires, avec bien des retours, de beaux arrêts sur images, moteur puissant en marche, et pour notre bel enthousiasme reconduit, le transport poétique garanti !

Grâce au poète passeur qui nous ouvre dans ce Faux Partir des chemins poursuivis en quatre-quatre (suite de poèmes composés pour chacun de 4 quatrains), ouverts sur l’inconnu après que la voie droite a été perdue,

 

Au milieu du chemin de notre vie

Je me retrouvais dans une forêt obscure

Car la voie droite était perdue

 

des chemins entrouverts sur un inconnu familier pourtant, tel un rêve étrange & familier, en périphérie d’une ville déshumanisée où le sens se cherche, en quête d’un autre côté où le sens reste à chercher, autre versant de la vie & de soi-même jamais gagné, où le seul chemin à prendre revient toujours de naître.

Cheminement – en plein cœur de la vie – poétique. Dès l’ouverture, les lignes de fuite de Faux Partir retardent leur possibilité de se rejoindre, le poème ne formant pas ainsi un espace rassemblé sur sa propre réalité, tout au plus esquissant un tableau se dessinant très approximativement et dont le cadre resterait rêve / espace ouvert sur l’Imaginaire. Mais, le poème déborde la page et rejoint le prochain en différant le point de rencontre des lignes de fuite. Mais, une perspective en somme du poème se profile, sans possibilité de représentation abstraite ou figurative d’un ensemble espace-temps, puisqu’aucune rencontre des lignes de fuite ne permet de construire l’image même en bribes de cohérence d’une réalité. D’entrée, l’illusion d’optique jouée par le premier poème trouble l’effet de perspective. Premier poème du recueil qu’il faut lire en son intégralité pour en saisir la teneur et la profondeur. Pour saisir l’espace à déployer pour le lecteur et par lecteur, ici et tout au long du recueil :  

 

Depuis que j’ai fini par me coucher

Dans un rêve qui s’enfuit au loin

Je cherche à le rattraper mort ou vif

Sur la route déjà rayée par la pluie

Aux frontières il est écrit qu’un pays

Doit naître pour annuler toutes les joies uniques

De cette vie toujours prête à être consommée

Sans changer de lit au milieu de rien

Tu parles quand bien même je serais debout

Je n’irai pas au delà du panneau

Qui m’indique la fin de la ville

De tous nos instincts captifs sans le savoir

Mais de quoi diras-tu ne serait-ce

Pas de liberté qui m’inflige beaucoup

De ses grimaces au néant des jours ouvrables

Sous la vitre où témoigner de mes buées  

 

Rythme entraîné, rythme parfois syncopé, rythme bousculé dans sa linéarité de parole / pensée déployée dans un espace-temps appréhendé en ses points fuyants, sa course en avant, aux frontières d’un pays encore à naître. Réalité en fuite ? En lignes de fuite ? Réalité vraisemblable ? Mais le « je » qui l’appréhende est-il seulement fixé, lui-même, dans des repères identitaires pouvant construire une arche d’avenir au-dessus de ses propres instants présents ? Rythme emporté parfois, comme l’est le rythme de notre lecture : le vers ne s’arrête pas, embraye sur d’autres contrées sans cesse remises, vers d’autres pages, d’autres poèmes, d’autres paysages… à des vitesses, selon des points de vue, avec des directives variables. Réalité et rythme se percutent dans le jeu spatialisant du poème ouvrant des abîmes de vertige dans les fissures de l’espace / des perspectives de vertige dans les failles  du temps…

 

Depuis que j’ai fini par me coucher

Dans un rêve qui s’enfuit au loin

 

écrit le poète. Fini, il a fini par se coucher : après quel combat, est-ce là position de résigné, est-ce décision de sauvegarde – sauvegarder soi contre le milieu de rien (car à quoi bon mal vivre pour rien ?),de l’autre côté du monde ordinaire ? Et le rêve s’éloigne comme l’horizon fuit devant la marche du chercheur en quête d’Inconnu et d’Ailleurs. Rêve… inaccessible ?

 

Depuis que j’ai fini par me coucher

Dans un rêve qui s’enfuit au loin

Je cherche à le rattraper mort ou vif

 

Maltaverne poète déroute nos attentes, surprend. Que cherche-t-il à rattraper mort ou vif : son rêve, enfui au loin, mais comment rattraper un rêve, et comment rattraper un rêve s’il est mort ? Rêve perdu ? Comme on sait que le temps perdu ne se rattrape guère ? Maltaverne déroute nos schémas habituels :

 

Aux frontières il est écrit qu’un pays

Doit naître pour annuler toutes les joies uniques

De cette vie toujours prête à être consommée

Sans changer de lit au milieu de rien

 

Curieuse alchimie au bout d’une arithmétique du monde préparée par une Calculatrice où les chiffres évadés de nos calculatrices comptent et décomptent et rendent des comptes, pour nous conter un monde en route vers plus de… réalité poétique / Sous la vitre où témoigner de ses buées ? Maltaverne bouscule le rythme de nos déroutes, martèle le Faux Partir mais aussi les mots même qui façonnent et déroulent nos (faux ?) départs. Et le « tu » interpelle comme il nous implique dans l’engagement du poème. Car la poésie de Maltaverne parle de nous et nous parle. Les vers ne s’arrêtent pas, emportent parfois, enjambent déjà le territoire d’une nouvelle contrée / sans cesse remise :

(…)

Je n’irai pas au delà du panneau

Qui m’indique la fin de la ville

De tous nos instincts captifs sans le savoir

Mais de quoi diras-tu ne serait-ce

Pas de la liberté qui m’inflige beaucoup (…)

(…)

Rien ne résiste à mes pensées vides

Qui tombent en syncope comme ici

Mais pourquoi diras-tu ne serait-ce

Pas que tu oublies de te nourrir mal

Ou es-tu tombé amoureux trop tard

Avant que tu ne quittes leur monde

 

Poèmes de quatre quatrains proches visuellement du sonnet mais sans ses contraintes (au niveau des rimes, des mètres), les textes de Faux Partir déroulent sans ambages ni préliminaires de présentation dans le décor ou les enjeux, des routes inédites passagères où passer, embuer nos dernières penséesvides, effacer les souvenirs, jusqu’à frôler cette folie où ni les aiguilles d’une montre ni les clés de lecture d’un univers effondré ou prêt de tomber ni les restes d’une ville morte sciée par l’autoroute ne peuvent poser de vestiges en ultimes bornes de nos escapades, perdus que nous sommes, égarés au milieu de rien…

 

Quelle folie subite s’est emparée de moi

Lorsque j’ai voulu passer le dernier pont

Sur l’autoroute qui scie la ville morte

Encore une fois pour oublier tous les souvenirs

 

Le décor fantastique, expressionniste de la ville donne à voir des ouvertures de vertige, béance sur des instants d’angoisse et/ou de résistance

 

Je respire à peine dans ces mauvais pas

Qui abusent sans doute de ma personne

En attendant d’atteindre les principales

Broussailles pour me déshabiller l’âme

 

Ce décor fantastique, expressionniste de la ville donne à voir des ouvertures de vertige, en gueules béantes d’une plus haute humanité de marginaux en résistance, souffrant de leur mal vivre où contre rien Faux Partir, en résistance  

 

Aujourd’hui lorsque j’y pense la loi

De la gravité urbaine venait d’être démontrée

Cette loi qui veut que nous disparaissions toujours

A l’intérieur des moteurs de nos solitudes

Nous avons tracé des routes réelles pour cela

Et tous les autres corps sont vite étouffés

Dans les années sombres du serpent de goudron

La plupart du temps au dessus des cœurs

 

Villes de Solitudes, mais…  

 

Cela ne m’empêche pas de sortir encore

Des mers monotones de l’asile de jour

Où nous avons été admis dès la naissance

Pour coopérer dans le silence quotidien des tortionnaires

 

Optimisme opiniâtre du poète Maltaverne, en vers & contre tout ? Résistance du poète comme dans cette Partie riante des affreux (recueil de Patrice Maltaverne co-écrit avec Fabrice Marzuolo, aux éditions Le Citron noir, en avril 2012) où la part des anges se partage dans l’arène et le silence quotidien des tortionnaires avec lesquels, pour coopérer nous sommes mis / jetés au monde – aux côtés de démons peut-être plus nombreux et comptant nos déboires à leur avantage (cf. plaquette Venge les anges inMi(ni)crobe #40 c/o Éric Dejaeger, Belgique). S’exprime toujours chez Maltaverne un regard sans concession sur le monde, avec le vers haut qui fait mouche / frappe là où ça fait mal / démange, à l’instar de ces coéquipiers du blog de libres chroniques poétiques Poésie chronique ta malle (http://poesiechroniquetamalle.centerblog.net/) où l’on côtoie poètes et revues d’une même lignée d’écriture, indépendants de toute servitude créatrice et signataires d’une belle créativité (parutions des éditions du Port d’Attache à Marseille dirigées par Jacques Lucchesi, Revue Microbes, Revue Les tas de mots, Paysages écrits, L’Assaut…). Rôdent dans les parages du blog les présences de Cathy Garcia des Nouveaux Délits, de Vincent Motard-Avargues de la revue Ce qui reste, des auteurs de la revue Dissonances, Thierry Radière, Christophe Esnault…

Terrible constat que celui-là dès la page 15 de Faux partir :

 

Cela ne m’empêche pas de sortir encore

Des mers monotones de l’asile de jour

Où nous avons été admis dès la naissance

Pour coopérer dans le silence quotidien des tortionnaires

 

Terrifiant constat, prolongé par le poème suivant :

 

Cela ne m’empêche pas de sortir encore d’ici

Car comme vous le pensez depuis longtemps

Ma folie est d’une autre envergure que la leur

Bien plus sauvage et allant jusqu’à se rompre

 

Comment faire face / face contre terre ? La coopération relève-t-elle d’une irréductible et irréfutable, inévitable & inéluctable Issue (sans issue ?) vers laquelle on nous mènerait et contre laquelle – comme complices (?) – nous serions condamnés à être broyés ? Qui sont les victimes, qui les broyeurs d’humanité ? Quels sont les déchets ? Quelles morts (toute entités confondues) pourrons-nous sauvegarder de l’Issue fatale, voire quelles morts pourrons-nous « recycler » ? Sommes-nous condamnés à être broyés à l’aveugle, ou sournoisement et délibérément amenés malgré nous vers la Gueuse par l’Invisible mais puissante Broyeuse ? D’aucuns s’y sont broyés, à coup sûr. Mais…

 

(…) partout la folie des herbes m’oblige

A répondre qu’aucune personne depuis les arbres

N’est assez grande pour imposer la nuit

Comme condition de notre impuissance à vivre bien

 

Le poète résiste

 

Plus les jours passent et plus il faut

Que je sorte de cet état de léthargie

(…)

 

Comment résister dans cette déficience généralisée d’humanité, entreprise de déshumanisation en tous sens (Pierre Bastide in Préface) où les hommes vont ou travaillent à leur absence d’occupation, où des êtres vaquent / Au mépris dont (ils) sont victimes parmi des hommes qui ont arraché les fleurs de leur esprit. Comment résister, comment ne pas y perdre son âme ? La poésie de Maltaverne en mettant le doigt dans les choses qui dérangent, bouleversent et remuent, nous remet en question, questions reposées à chaque poème, à chaque retour sur poèmes, à chaque vers débordant parfois sur le prochain pour mieux dérouler le rythme éperdu/égaré où malgré nous nous sommes embarqués. Faut-il résister ? Faut-il plier ? Aller comme les honnêtes gens là où  

 

De l’autre côté la ville vit toujours

Sur le dos des honnêtes gens qui passent

Dans l’indifférence générale et finissent par ressembler

A des feux noirs emmanchés sur un poteau

Mais je ne veux pas être comme eux

(…) ?

 

Faut-il faire sécession ? Faire faux bond et choir dans un fossé plein de boue ?  

 

J’ai suivi pendant des jours une ligne

De fuite à travers la ville en diagonale

Sans qu’il me soit possible d’enregistrer

De progrès dans ces murs qui s’emboîtent

(…)

J’ai suivi pendant des jours une ligne

Sur laquelle je n’ai cessé de me tenir

Pour garder l’équilibre car des vieux

M’avaient dit d’en rester là pour eux  

 

Continuer comme un sous-marin qui progresse dans les eaux profondes, avant que la mort animale te gobe à sec ? C’est à une traversées d’humanités que nous convie Patrice Maltaverne. Voyageurs intra ou extra-muros de la ville, travailleurs, gens honnêtes, paumés soumis à l’alcool blafard… tous se confondent et se croisent dans la ville anonyme qui engouffre silhouettes et individualités. Tous confondus sur une même ligne d’où déraper – peut-être le faut-il pour ne pas perdre l’équilibre –, sur la même route et sur le bord, dans l’indifférence générale et Je / Toi / le poète

 

Je reste sur le bord de la route

Laissé pour mort par les voitures qui tournent

Sur leur circuit automobile avec cette monotonie répétitive

Qui caractérise les âmes ignorantes de leur mort

 

Maltaverne n’écrit pas de main morte ni de fausses notes sur la partition ici d’un voyager vrai (Pierre Bastide in Préface), plus que vrai s’il est vrai que la vraie vie est ailleurs ?

 

Je me dis soudain qu’il faut quitter

Cette route pour être un dieu aujourd’hui

Mais le soleil à force de nous ignorer

Prépare peut-être un nouveau coup d’état  

 

Faut-il écouter les vieux poètes, mais leurs paroles ne sont-elles pas leurres / miroirs aux alouettes ?  

 

Les vieux poètes pensent que l’on écrit

Des poèmes pour chacune des rues qui élèvent

Des hommes au singulier si bien qu’ils

Se réveillent avec une voix nouvelle pour vivre  

 

Mais ce n’est pas vrai seule compte

La géométrie de ces espaces monotones à enchaîner

A notre silence qui n’est pas étourdi

Sur la terre comme dans une ruche pâle  

 

Allez travailleurs ! Marchez dans des rues juste

Parallèles !

Alignez-vous avec le goudron avec votre tête

Déjà réduite à de la bouillie sans blessure

Et qui compte ses morts dans une tombe  

 

Pour l’ouvrir il faudrait ouvrir le ciel

Puis passer un laser à travers ces choses

Qui nous empêchent de voir la ville expier

Le mutisme de ses crimes d’oubli permanent  

 

/ Faut-il / Faut-il… Resterait-il ne serait-ce qu’un faux leurre où se retenir où se sentir vivre ? Car il faut bien vivre avant de mourir Faut-il / Faut-il… Faux partir 

 

Murielle Compère-Demarcy

Poème rouge-gorge paru dans "Traction-brabant" 66 de janvier 2016, avec la photo originale en couleur
Poème rouge-gorge paru dans "Traction-brabant" 66 de janvier 2016, avec la photo originale en couleur
Poème rouge-gorge paru dans "Traction-brabant" 66 de janvier 2016, avec la photo originale en couleur

Poème rouge-gorge paru dans "Traction-brabant" 66 de janvier 2016, avec la photo originale en couleur

Traction-Brabant 66 (janvier 2016), 1ère de couverture

Traction-Brabant 66 (janvier 2016), 1ère de couverture

Patrice Maltaverne est un poète-éditeur vivant à Metz, il dirige les éditions du Citron Gare, et le poézine "Traction-Brabant" (alias T-B pour les intimes),  depuis 2004, un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts.

N.B. : le fanzine existe version papier. Il a donc le double avantage, très sérieux et fort appréciable, d'exister couché sur le papier où toute notre attention peut circuler dans sa pleine liberté de pouvoir s'y interrompre à tout instant, se reprendre plus loin là où l'on veut, en changeant de pièce, en lisant dans le jardin, sur un bain de soleil, sous un parapluie en attendant, ou en marchant, pourquoi pas, dans le lit avant de s'endormir--- on ne dira jamais assez l'irremplaçable plaisir de tenir un livre-papier dans les mains et d'en tenir et pouvoir tourner les pages en toute liberté---

            + le fanzine existe dans sa version numérique via le site de "Traction-Brabant".

 

Patrice Maltaverne a publié des poèmes dans une trentaine de revues ou sites littéraires.

Il est l'auteur des opus : Après (HS de la revue 22 ! Montée des poètes, 2006) ; 36 préjugés d'avant la mort (Pré Carré, Collection des Choses, 2007), Samson des bidonvilles (supplément de la revue "La vie secrète des moits", 2007), Sans mariage (collection Polder de la revue "Décharge", 2007), Merci pour la musique (Editions Gros Textes, 2008), Souvenirs d'une ville illégitime (Encres Vives, 2008), Faux partir (Editions Le Manège du Cochon seul, 2009), Prélude à un enterrement sur la lune (-36° Edition, 2010).

 

Les titres de ses opus poétiques  annoncent la "tonalité Maltaverne".

Une écriture poétique sans concession ni parti pris sur le monde, d'une franche tendresse qui ne se grime pas avant de paraître, qui ne se grime pas du tout. D'un humour tonique salutaire. Une écriture aussi opérée -à coeur ouvert- sur les points de rupture de départs contrevenant aux pentes habituelles, et controversés sans doute, pour dire que les chemins de traverse sont la vraie route que n'ouvrirait pas l'ornière de la routine.

Le poète, un être humain vivant au fil du temps, a l'âge d'homme de ses moments et de ses émotions, il peut écrire différents paysages que lui offre / lui offrira toujours une réalité habitée par les autres, le temps qui passe, la durée, les chants de l'espace, du cosmos, de l'univers.

 

Anime le blog de "Traction-Brabant" : http://traction-brabant.blogspot.fr/, et un blog de chroniques poétiques : http://poesiechroniquetamalle.centerblog.net/

 

Sa disponibilité est égale à celle indiquée sur  son site et se tient sur le fil détendu / sérieux d'un humour et d'un investissement (sans intérêts) salvateurs qui, en plus, sauvent sérieusement le lecteur de ne jamais se prendre trop au sérieux. Le mode d'emploi de sa disponibilité est consultable dans l'un de ses "incipits finissants" et qui n'ont pas fini de nous "requinquer" (terme picard issu d'une région souvenez-vous déjà en voie de disparition) via le site de "Traction-Brabant" :

Incipits finissants (27) Il y en a qui disent que les (h)auteurs sont difficiles à rencontrer, qu’ils ne sont pas accessibles, qu’ils n’aiment pas être dérangés dans leur production de l’esprit nébuleux… heureusement, moi, je ne suis pas du tout comme ça. Je reste ouvert à toutes les rencontres... Bon, vous savez mon adresse ? Si vous souhaitez faire ma connaissance, quand vous serez arrivé devant le portail en fer forgé, il suffira juste que vous sonniez avant d’entrer dans le sas. Ensuite, il vous faudra taper le code d’accès c’est facile. Vous vous retrouverez alors dans la cour intérieure de mon immeuble. Ensuite, pas compliqué, vous taperez le mot de passe qui vous permettra d’accéder aux habitations. Comme il y a plusieurs appartements dans le même immeuble et aussi pour des motifs de terrorisme, vous comprendrez bien qu’il m’est impossible de vous révéler un seul de mes codes… C’est pourquoi je vous conseille de passer durant mes heures de présence et de prononcer mon nom dans le parlophone du mur. J’ai mis en place des horaires de rendez-vous les jours pairs et plus exactement les mardis de 14 h 15 à 17 h 50 mn, les jeudis de 10 h 15 à 11 h 25 mn et vendredis de 9 h 25 à 10 h 40 mn ça c’est pour l’été. Le reste du temps, je peux vous accueillir sur rendez-vous sauf le lundi c’est mon jour férié. Afin de connaître mes horaires de présence, au cas où je me serais absenté momentanément et pour toute urgence, vous pouvez laisser également un message sur mon portable (05/82/78/10/79) ou même sur mon téléphone fixe (02/46/75/06/51). Je vous répondrai bien sûr dès que possible. Sachez que je dispose enfin d’un compte Internet : malta@hotmail.com Qu’il m’arrive de consulter en hiver le mercredi et le samedi les jours impairs. Là, vous ne pourrez pas dire que je me dérobe à vous. Tout est transparent, je vous l’ai déjà dit. Il ne serait pas normal que le Président directeur général de la revue « Traction-brabant » laissât ses clients auteurs dans la panade… Bon, on reprend tout depuis le début. Si vraiment vous voulez me causer, demandez Malta au bar du zèbre noir de la place des trois girafes du lundi au dimanche de 8 h 00 à 24 h 00. P.M.

 

L'écriture de Patrice Maltaverne est celle d'un homme-poète désireux d'éditer aussi l'écriture des autres quand celle-ci l'interpelle. Lire à ce propos l'Avis de l'éditeur à tout candidat(e) à publication(s) chez Maltaverne sur le site de "Traction-Brabant" (lecture incontournable).

 

Lire aussi la présentation de "T-B" par son propre "Président directeur général" :

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations). "TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent cinquantaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière. "TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif. Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré... Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont près de trois cents, d'après les dernières stats. Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons.... Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres : vous comprendrez donc que les (h)auteurs intéressés que par eux-mêmes ne soient pas forcément les bienvenus ici. Les artischtes, non plus, lorsque le dédain des contingences matérielles, qui les arrange tout particulièrement, provoque leur éloignement de la réalité des choses, plus facile à gérer. P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

 

Patrice Maltaverne : un insurgé de l'ordinaire ? Sans doute. Mais pas seulement. Un nostalgique des belles choses aussi. Comme sonne la nostalgie dans la représentation d'une Traction -Brabant ("à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré..." )

Son écriture roborative, traversée parfois d'un humour noir ou pince-sans-rire salutaire, fait du bien. Et laisse

des empreintes permanentes

dans la mémoire vivante

de nos bonheurs de lecteurs bons vivants

de poètes bien vivants ! ... 

 

© Murielle Compère-Demarcy, 04 janvier 2016.

Patrice Maltaverne et Murielle Compère-Demarcy, juin 2015. Pour la sortie de "Trash fragilité" aux éditions du Citron Gare.

Patrice Maltaverne et Murielle Compère-Demarcy, juin 2015. Pour la sortie de "Trash fragilité" aux éditions du Citron Gare.

"Trash fragilité" Murielle Compère-Demarcy, illustré par Didier Mélique. Murielle Compère-Demarcy. Patrice Maltaverne.
"Trash fragilité" Murielle Compère-Demarcy, illustré par Didier Mélique. Murielle Compère-Demarcy. Patrice Maltaverne.
"Trash fragilité" Murielle Compère-Demarcy, illustré par Didier Mélique. Murielle Compère-Demarcy. Patrice Maltaverne.

"Trash fragilité" Murielle Compère-Demarcy, illustré par Didier Mélique. Murielle Compère-Demarcy. Patrice Maltaverne.

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