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Pourquoi "Minotaur/A" ? D'où vient Minotaur/A ?

 

Il faut sans doute remonter à Orphée .

Orphée, dans le fond, il avait tout : sa muse, sa lyre, le succès – tout s’émeut pour lui – mais lui ? Eurydice ? Oui, il l’aime – elle ajoute à son bonheur, son prestige… mais l’a-t-il jamais vraiment vue – vraiment – pas l’apparence d’Euridyce, la jolie forme dans le soleil, les cheveux blonds d’Eurydice, la silhouette en robe blanche, la voix qui chante d’Eurydice… non - l’autre - l’Eurydice d’ombre, la taiseuse, celle qui tente de remonter la pente vers la lumière avec sa charge de mots qui la retiennent, la tirent, la lient aux enfers profonds de la langue.

Ce n’est pas le mythe d’Orphée qu’on devait raconter, mais celui d’Eurydice. Les Ménades ont bien fait de déchirer le poète – beau boulot, belle revanche – il accède à l’immortalité et tout le tintouin … Mais Eurydice, dans tout ça ? Déchirée intérieure sans mots propres pour dire sa souffrance, sa plainte silencieuse qui cherche sans Orphée, des mots qui la délivrent.

Non, Orphée sans Eurydice ne mérite pas son mythe – mais le sien, celui d’Eurydice, n’a sans doute pas pu prendre son envol depuis la cage de ses mots.

Voilà – tout comme Minotaure , dont le mythe raconte, d’une autre façon, l’histoire d’Eurydice – l’être piégé, sans la parole, au tréfond de son âme, en quête de l’autre dont la parole le délie, en quête d’Ariane qui déroule son fil... Oui, Eurydice et Minotaure sont sœurs (car qui peut me prouver que Minotaure n’est pas femme, double d’Ariane, injustement bestialisée par l’absence de parole, injustement parkée au fond du labyrinthe d’où elle mugit sa plainte ?).

Minotaur/A – quand la voix intérieure se décide à rompre le silence.

Elle aurait sans doute pu utiliser ses propres mots, Eurydice – dans son petit ballot, celui qu’elle remonte des enfers, elle avait ses mots, tous les mots de sa langue, son idiome à elle – mais il aurait fallu qu’on l’écoute quand elle les utilisait – qui écoute les filles ? sois belle et tais-toi !

Il fallait être rebelle, avoir le caractère de Sapho – mais elle ne savait pas, Eurydice, qu’on peut se révolter, qu’on doit exister, pour soi – au lieu de ça, elle utilise les mots des autres, les mots d’Orphée, le fameux chant – elle les détourne, elle les traduit – c’est le destin des filles dans les mythes – Echo, c’est pas la même chose ?

 

© Marilyne Bertoncini.

"Le thème de Minotaure et de son labyrinthe me hante depuis que je traduis - que je formule les mots d'autrui (...)"  

 

Marilyne Bertoncini.

 

 

« Et couronnée d’étoiles crépitantes / moqueuse la mort t’entraîne / sur la courbe du monde »

Marilyne Bertoncini.

 

« Où vont les souvenirs des morts, / la cendre de leurs pensées ? »

 Marilyne Bertoncini.

 

« Est-il plus scandaleuse absence que la tienne ? » dans le « labyrinthe secret où se perd la mémoire en quête de soi-même ».   Marilyn Bertoncini.

 

 

Mosaïque datant de la Grèce antique, elle représente le labyrinthe crée par Dédale, le Minotaure se trouve en son centre.

Mosaïque datant de la Grèce antique, elle représente le labyrinthe crée par Dédale, le Minotaure se trouve en son centre.

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Labyrinthe des nuits, Marilyne Bertoncini

Ecrit par Chantal Dupuy-Dunier 27.04.15 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Recours au poème Editeur Labyrinthe des nuits, mars 2015, 30 pages, 5 € (à télécharger en ligne)

Ecrivain(s): Marilyne Bertoncini Edition: Recours au poème Editeur  

 

Marilyne Bertoncini est fascinée par la mythologie. Pour elle, « les mythes deviennent les souvenirs ». Orphée, le Minotaure, Leyla… À travers l’exploration du labyrinthe, c’est le sens de la vie qui est recherché, parcours initiatique et bien sûr dangereux, l’interrogation devant la mort qui est posée. Nous ne sommes pas étonnés de retrouver ici la figure hautement signifiante et symbolique du labyrinthe. Le blog de l’auteur se nomme minotaura, on peut y rencontrer Isis, à la recherche des fragments d’Osiris, son époux mort. Dans un premier recueil, où l’exubérance des fleurs, des oiseaux et l’explosion de couleurs évoquent les enluminures arabes, et où les jardins ouvriers de l’enfance deviennent les dessins d’un tapis persan, Marilyne s’appuie sur l’histoire de Leyla et du jeune poète qui devint « Majnoun », le « fou d’amour ». Amour impossible qui conduira le jeune homme à répéter sans cesse le nom de sa bien-aimée, chant en boucle, « dans l’enfer de sa solitude… / le labyrinthe de sa tête », comme le Minotaure au centre de son dédale, Minotaure, monstrueux mais néanmoins fruit de l’amour de Pasiphaé et d’un puissant taureau. Avec une autre histoire d’amour, celle de Thésée et d’Ariane, pourvoyeuse du fil salvateur, qui pourrait bien être celui de l’écriture poétique. « Cherche… l’élément secret / que sinueusement trace / la lettre… / à travers ses détours ». Écriture solaire à l’image de la roue, figurée par le labyrinthe. Leyla-Lilas… Cela pourrait sembler simple et bucolique. Mais : « J’ai vu tes yeux, Leyla, dans l’ombre du volet / Tandis que s’enroulait la voix des tourterelles / Dans le matin couleur de leur plumage rose. / La voix qui me torture est semblable à la tienne ». Quatre très beaux alexandrins, le recueil en contient beaucoup d’autres. « Rien de toi, ici, ce matin n’est resté ». L’est là pour : L’est pas là ? Plus là… Car ce labyrinthe est celui des nuits, accompagnées de nuages, celui de « l’outre-monde » où nous conduit, sans aucun fil pour pouvoir en sortir, notre humaine condition. Marilyne Bertoncini cite les fameuses paroles du corbeau d’Edgar Poe « Never more » avant d’enchaîner sur « Où vont les souvenirs des morts, / la cendre de leurs pensées ? » « Est-il plus scandaleuse absence que la tienne ? » dans le « labyrinthe secret où se perd la mémoire en quête de soi-même ». Ce recueil, livre où l’amour et la mort mêlent leurs voix, se clôt sur ces vers d’une beauté terrible : « Et couronnée d’étoiles crépitantes / moqueuse la mort t’entraîne / sur la courbe du monde », suivis de ces deux mots en italien « Recapito… / impossibile ».  

Chantal Dupuy-Dunier

Un article sur le site de Terres de femmes, la revue de poésie & de critique d’Angèle Paoli sur :

 

Marilyne Bertoncini, Labyrinthe des nuits,
Recours au poème éditeurs, 2015.



Lecture d’Angèle Paoli

« SUR LA COURBE DU MONDE » http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2015/03/marilyne-bertoncini-labyrinthe-des-nuits-par-angèle-paoli.html

Labyrinthe des nuits de Marilyne Bertoncini.

Labyrinthe des nuits de Marilyne Bertoncini.

Poésie en forme de rose, Pier Paolo Pasolini par Marilyne Bertoncini

www.lacauselitteraire.fr

Merci pour cette plongée, ce transport dans ce "souffle épique ultra-contemporain". Oui, le regard posé par le poète-cinéaste sur les années 60 de la vie politique, économique et sociale italienne n'est pas sans rappeler -hélas- notre début de siècle--- Oui "le regard politique et poétique de Pasolini, à travers son lyrisme très  personnel" qui instaure en feux créatifs une différence, si riche et édifiante pour qui aussi et pour sa part voit / écoute / comprend / examine par ce regard à partager. L'Acqua Santa au Soleil--- 

Murielle Compère-Demarcy à Marilyne Bertoncini.

 

 

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