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Antonin Artaud, par Man Ray.

Antonin Artaud, par Man Ray.

 Invocation à la Momie

 

 Ces narines d’os et de peau

 par où commencent les ténèbres

 de l’absolu, et la peinture de ces lèvres

 que tu fermes comme un rideau

 

 Et cet or que te glisse en rêve

 la vie qui te dépouille d’os,

 et les fleurs de ce regard faux

 par où tu rejoins la lumière

 

 Momie, et ces mains de fuseaux

 pour te retourner les entrailles,

 ces mains où l’ombre épouvantable

 prend la figure d’un oiseau

 

 Tout cela dont s’orne la mort

 comme d’un rite aléatoire,

 ce papotage d’ombres, et l’or

 où nagent tes entrailles noires

 

 C’est par là que je te rejoins,

 par la route calcinée des veines,

 et ton or est comme ma peine

 le pire et le plus sûr témoin.

 

 Antonin Artaud

 – avec Fazlul Haque, Marie-Paule Koulama et Patti B G Côté.

(Source : publication "La Cause Littéraire", mercredi 2 septembre 2015 via sa page fbk).

"Le monde est nous tous, ou rien.

 L’abri de votre égoïsme est sans effet dans l’éternité.

 Si l’autre n’existe pas, vous n’existez pas non plus."

 

 Louis Calaferte

Nicolas Rozier NR- Acrylique sur papier, 42x29,7, 2010

Nicolas Rozier NR- Acrylique sur papier, 42x29,7, 2010

A la hauteur désaffectée

 où désertent les carrures immortelles

 

Les gonds arrachés volent encore

 

 

D’un souffle de ravin soulevé par

 son bagne de pénombre

 Tu étais rauque comme la pierre

 

L’espoir viril et l’imagination du désespoir

 ne connaissent pas cette étreinte de feu noir

 

Un palais de miroir aux milliards d’éclats

 simultanément éteints autour de l’unique

 couperet de tes yeux saura dire

-quand il rejouera sa grandeur massacrée-

l’effroi d’abîme révulsé

 l’affaissement de vide frayé par l’alerte

 de l’espace entier

 à l’instant où ton arche

 s’est éventré à ma ligne de vie

 

L’éternité n’était pas

 ce bastion où furetaient des gloires

 féroces aux armées galactiques

 mais la vitesse d’une révolte

 allumée d’un trait aux fleurs

 hurlantes du calvaire

 

NR - Vivre à la hache – LIII

Nicolas Rozier (source : page fb de l'auteur ce 11/07/15)

Je vois Rouge ciel, OsloDeauville (2015)

Je vois Rouge ciel, OsloDeauville (2015)

Une poésie du vide, des espaces qui nous échappent et des morts qui nous accompagnent.

 

Rouge

 

L'homme à la tête de taureau

dévore sa raison monochrome.

Elle éclate sous une pluie étoilée

dessine sa peau en motifs incertains

au cœur d'une symétrie

où s'élève un chant miroir.

La couleur est unique

Flamboyante

primaire.

Au crépuscule de sa fureur

il danse sous les astres souillés

son corps tatoué offert au destin.

La carcasse est belle, ivre de liberté.

Les membres, la langue, déliés

n'ont plus de sens.

Brûle au soleil

danse la mâchoire

claque

mélange

danse

les membres, la la mâchoire

claque mélange danse la mâchoire

claque mélangue

déliés n'ont plus de sens.

brûle au soleil danse langue

déliés n'ont plus de sens.

brûle au soleil danse langue,

déliés n'ont plus

de sens

brûle

au soleil danse la langue

danse

les délans brûles

dange méliés méliés

membre sole au soleil

dansense

soles

lange laque soles

dangue déliés dans

brûle membre méla mélaque

dange dansense sens

brûle lanse mélaque

laque se dange soleil dangue

lans ant mâchol

danse se ment dembrûlires daue

leirûle solaquemés lire

 

© OsloDeauville in Je vois Rouge ciel

 

Oslo Deauville, autodidacte et instinctif, il a été publié dans les revues "Ecrit..vains?", "Le Capital des mots" d'Eric Dubois, "RAtUReS"(collectif Grenoblois),"SIC" (collectif DIXIT),  "A-verse", "Traction-Brabant", "Traversées", "Nouveaux délits" , "Comme en poésie" et  "Le chant du Monstre".  Il a participé à un recueil du collectif Québécois "Groupe Poésie Combattante" sur le thème des Arts Poétiques

(source : https://www.wattpad.com/user/OsloDeauville )

Le texte du jour

Pour les cercles dans l'eau, le bout d'une idée qui sonne au bout de la ligne jazzy d'une belle Remington, ... pour le monde entier toujours là, "la vie pleine de choses surprenantes", dans la poésie de Cendrars, --- Au cœur du monde, Blaise Cendrars, poésies 1924-1929, coll. nrf, éd. Gallimard ; 1947.

 

On tangue on tangue sur le bateau

La lune la lune fait des cercles dans l'eau 

Dans le ciel c'est le mât qui fait des cercles

Et désigne toutes les étoiles du doigts

Une jeune Argentine accoudée au bastingage

Rêve de Paris en contemplant les phares qui dessinent

    la côte de France

Rêve à Paris qu'elle ne connaît qu'à peine et qu'elle

    regrette déjà

Ces feux tournants fixes doubles colorés à éclipses lui

    rappellent ceux qu'elle voyait de sa fenêtre d'hôtel sur

    les Boulevards er lui promettent un prompt retour

Elle rêve de revenir bientôt en France et d'habiter Paris

Le bruit de ma machine à écrire l'empêche de mener son

    rêve jusqu'au bout.

Ma belle machine à écrire qui sonne au bout de chaque

    ligne et qui est aussi rapide qu'un jazz

Ma belle machine à écrire qui m'empêche de rêver à

    bâbord comme à tribord

Et qui me fait suivre jusqu'au bout une idée

Mon idée.

"Nuit vibration à corps transe, sentir la viscosité de mon cerveau, le relief de chacun de mes nerfs et de ce qui tranche avec le jour, sentir le sommeil des autres et veiller sur leurs peaux jusqu’à ce que vie s’ensuive, entrevoir le jour plutôt que d’en être aveuglé, nuit vibration, accepter l’éveil renouvelé à chaque instant, refouler ce sommeil imposé par le jour, corps transe, recevoir le sursaut d’un muscle juste au coin d’une paupière, profiter des largesses d’une lumière artificielle qui obéit au doigt et à l’œil, nuit vibration, suspendre le temps comme un linge humide et souffler dessus pour aérer ses fibres, ne plus rien savoir, ne faire que sentir, ne marcher qu’avec les doigts, tout habillé de calme et de silence ne plus tenir par un fil mais par mille cordes qui vibrent au moindre souffle de la pensée, nuit vibration, l’accord tranche avec les bémols de la journée, les dièses brillent au plafond, le possible est à portée de dents, le rêve s’invite dans chaque mot frappé, les jambes se désencombrent de tout un attirail de vélocité, les bras deviennent les membres porteurs de tout un corps voué à la transe d’une nuit vibration."

Jean-Claude GOIRI.

(source : page fb J.-CL. Goiri, 28/06/2015).

Tag(s) : #Le Texte du Jour

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