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"Si j’ai un style, affirme Patrice MALTAVERNE, c’est lui qui m’a trouvé." Car : Le Style, -ton / mon style- : ça nous va. Ou pas. Mais c’est ton style, mais c’est mon style. Tu prends ou tu laisses et tant pis si j’y perds des plumes. On se blesse à plus dangereuse altitude après tout, à tenter d’échapper du mieux que l’on peut au ciel bien encombré de la connerie ambiante.

"Si j’ai un style, affirme Patrice MALTAVERNE, c’est lui qui m’a trouvé." Et si je te trouve et si tu me trouves, là où l’on s’éclatera aujourd’hui & demain, sans cesse préoccupés de réinventer le temps dans la vitesse des vecteurs sensoriels & sensuels non calculés, dans le verbe jubilatoire et jouissif du détersif non chimique à l’encre sympathique et à l’heure de nos stylos érigés en armes de résistance massives, à faire l’écrivain dans nos émigrations intérieures et intermachin chose du net plus ultra Net –putain, qu’on sera heureux, enfin !

Alors…

Soyons à nos stylos détergents à l’encre subversive

pour la turgescence pulsative et résurgente de nos plaisirs !

"Mon style, c’est ton cul" chantait Léo Ferré…

© Murielle Compère-Demarcy, 2015.

"Quelle connerie que le style ! Et pourtant, tout le monde (auteurs, éditeurs, chroniqueurs) fait tout pour qu’il n’y ait que ça qui compte ! Je me souviens d’emblée de quelques conseils d’écriture : trouve ton style. Et après, ça ira tout seul. Mais bon sang de bon soir, en plus de 25 ans d’écriture, je n’ai jamais cherché à trouver mon style ! Ça serait au mieux du bricolage, au pire du fayotage. Si j’ai un style, c’est lui qui m’a trouvé. D’ailleurs je m’en fous. J’écris ce que j’ai envie d’écrire, empruntant mes circuits neuronaux les plus habituels, bien que cela m’embête. Et rien d’autre. Hélas, qu’est-ce que j’aimerais en changer, de style, à chacun de mes textes ! Pouvoir écrire sur n’importe quoi et de n’importe quelle manière : ça, c’est un idéal qui me fait rêver. Plus modestement, il me semble possible de varier les ambiances, ce paysage qui reçoit l’écriture. Alors, parfois, quand je lis les textes des copains copines, je l’avoue, je suis déçu de retrouver leur univers intact. A la limite, le style peut être le même, mais l’ambiance devrait être modifiée. Par exemple, passer d’une histoire d’amour à une histoire de guerre. Sinon, à moins d’être un fan impénitent et d’avoir les idées trop bien arrêtées, les répétitions d’obsessions finissent par devenir rasoir. Ensuite, il y a le respect des formes. Ça c’est encore une plus belle connerie. Et pourtant, quand vous lisez plusieurs textes publiés par un auteur, vous remarquerez que ce dernier utilise fréquemment une forme d’expression unique. La prose ou les poèmes en vers, par exemple. Voire toujours des distiques ou des versets bibliques. Et toujours avec ou sans ponctuation. On se croirait à l’usine ! En ce qui me concerne, je n’ai de cesse de passer d’une contrainte à une autre ou de m’en passer quand je le peux. Alors, pourquoi cette uniformisation ? Puisque, le plus souvent, les auteurs et les éditeurs reproduisent et diffusent leur logique de recueil en recueil, sans paraître jamais se poser la seule question vraiment utile, à mon sens : est-ce que je ne suis pas en train d’ennuyer mes lecteurs ? Ne suis-je pas devenu un tâcheron au lieu d’être un poète, voire un écrivain ? Bizarre que de telles évidences ne puissent être communément partagées… Car je ne suis pas certain que, même d’un point de vue financier, il s’agisse d’un bon calcul…"

P.M. alias Patrice Maltaverne in Traction-brabant 60.

Et si le style, après tout, était celui de ne pas en avoir ?

Cela même qui m’aurait trouvé sans que je l’eusse cherché, sauf à rejouer Orphée se retournant vers son ineffable Eurydice, œil et cœur liés à s’ancrer dans le précipice de sa propre perte ?

Et si le style, après tout, nous défiait de ne pas en avoir, de ne pas l’atteindre pour mieux l’approcher ?

Ou d’en avoir un perceptible à peine –mais perceptible- dans les variations en monochrome et polychrome de métamorphoses écrites, opérées presque à notre insu dans l’évolution de nos âges qui nous font tour à tour, punaise, papillon, primevère, chiendent, rose, lumière ou vent, désir d’éphémère, mue d’éphéméride ? Sans idéologie aucune, -animisme, unanimisme, polythéisme, monothéisme, …-, sans visée systémique aucune –myope ou condescendante dénaturée au regard irréductiblement parcellaire -anthropophages de nos propres états de latence, de rémanences, d’urgence, de résurgences… une totalité cellulaire inaccomplie malaxée dans le tout –le grand mouvement de tout cela- qui nous gouverne, le nez dans l’humus & sous les astres de bonne espérance…

Et si le style, après tout, n’était que Narcisse empêtré dans les rets de ses propres frontières ?

©Murielle Compère-Demarcy, 2015.

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