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HOROSCOPE DÉFINITIF, UNIVERSEL ET PERPÉTUEL

 (pour tout le monde et pour tous les jours)

 

Cette journée sera placée sous le signe de la nouveauté grâce au départ de la Verrue blanche. Vous n'aurez plus alors qu'à tenir compte de Tortue et de Girafe. Ces deux astres ne seront pas vraiment négatifs. Ils pourront simplement vous inciter éventuellement à prendre des risques totalement insensés, notamment à midi ou à 18 heures. Il est possible que vous rejetiez alors toute contrainte, au point de mettre votre stabilité physique, culinaire, amoureuse, professionnelle, pécuniaire, ou mentale en péril. Prudence, donc, à ces périodes !

 

Un bon courant girafien rendra ce jour assez faste côté social. Des rencontres susceptibles de déboucher sur une union durable ou pas pourraient peut-être avoir lieu. Restez donc vigilants. Gardez toujours à l'esprit que rien ne se règle en un jour, et que la vie en société se prépare et se poursuit avec l'accord de l'autre. Restez donc patient.

 

Si vous avez beaucoup papillonné ces derniers temps, vous aurez maintenant envie de souffler un peu et de vous reposer si cela vous est permis. Sinon, le passage de Lapin devant la Verrue blanche sera propice à stimuler vos rêves de trêve. La Tortue vous forcera à reconnaître que vous n'êtes pas pleinement épanoui sur le plan social et à rechercher la reconnaissance, celle-là même que vous avez toujours juré de gagner. Tout projet d'union, de mariage ou d’alliance de toute sorte sera favorisé en ce jour exceptionnel qui ne s’éteindra pas sans avoir marqué votre vie.

Tout habillé de doigts, marcher jusqu’au bout du crâne, dire cette promesse que l’horizon ne tiendra jamais, l’idée d’un pas vers lui suffit à te faire écrire, à cloche-langue sans peine, sonner juste, juste pour sonner dans le bruisser d’une aube qui te rêve debout…

(Ce qui berce... à paraître en mai aux éditions Vincent Rougier.)

"L’orage gronde. Tu te caches dans les coins de ta loge. La mémoire des bombes est tenace. Tu te caches toujours. Dans TA loge. Tu attends que l’on vienne te chercher. Les mains jointes en guise de carapace. Tu protèges tes avants. La peau, les mains, les caresses des autres viendront bien un jour. Tu as trop crié, tu n’as plus de voix, tu ne peux plus les appeler, les autres. Il faut juste se protéger des bombes, des orages, des éclairs. Il faut tellement se planquer, toujours, que tu n’as que des images de toi. Rien de celle du corps des autres. Les autres, c’est l’orage. Tu ne sais même pas ce que veut dire « l’autre ». Il faudrait d’ailleurs ramasser un peu ce qui traîne tout autour de toi : tes copeaux ; tes mots ; tes larmes ; tes pas ; tes prières ; tes coins ; tes doutes ; tes demandes. Tu t’habilles de rides mais tu n’as pas pu grandir. Ton regard est plissé comme tes mains potelées.

 .../...

 Tu déplies tes mains jointes et tu essuies tes yeux. Tes mains lissent tes cheveux et reprennent les outils pour sculpter ta centième boîte à bijoux en forme de mouette. Tu ne parles pas toute seule. Tu parles à tes boîtes alignées sur les étagères comme des oiseaux sur des câbles. Ce sont elles que tu protèges aujourd’hui comme tu protégeais jadis tes enfants. Et tu parles tout bas pour qu’elles ne s’envolent pas."

 Jean-Claude GOIRI - Corps suspendus, éditions Qazaq   (mars 2016)

site personnel www.jeanclaudegoiri.com

revue www.fepemos.com

magazine www.lemoutonenrage.com

"Chaque ligne d'écriture n'est qu'une altération de plus à cette dissonance profonde que j'éprouve entre moi." Jean-Claude GOIRI

"le déhiscent délicieux d’où coule toute vie, le centre d’émergence vers le mouvement, vers le mouvement le monde entier arrive dans ce lieu sans géographie où tu couleras l' inconscience de devenir tout le monde, cet endroit singulier où se forment tes sens, là, juste entre le ciel et la terre et tout ça, exactement dans ce pays que l’on appelle « ressenti » ".

 

Jean-Claude GOIRI

Ce qui berce... Éditions QazaQ.

Paru ce 28/06/2015 sur facebook, cette "nuit vibration à corps transe",

magnifique :

 

"Nuit vibration à corps transe, sentir la viscosité de mon cerveau, le relief de chacun de mes nerfs et de ce qui tranche avec le jour, sentir le sommeil des autres et veiller sur leurs peaux jusqu’à ce que vie s’ensuive, entrevoir le jour plutôt que d’en être aveuglé, nuit vibration, accepter l’éveil renouvelé à chaque instant, refouler ce sommeil imposé par le jour, corps transe, recevoir le sursaut d’un muscle juste au coin d’une paupière, profiter des largesses d’une lumière artificielle qui obéit au doigt et à l’œil, nuit vibration, suspendre le temps comme un linge humide et souffler dessus pour aérer ses fibres, ne plus rien savoir, ne faire que sentir, ne marcher qu’avec les doigts, tout habillé de calme et de silence ne plus tenir par un fil mais par mille cordes qui vibrent au moindre souffle de la pensée, nuit vibration, l’accord tranche avec les bémols de la journée, les dièses brillent au plafond, le possible est à portée de dents, le rêve s’invite dans chaque mot frappé, les jambes se désencombrent de tout un attirail de vélocité, les bras deviennent les membres porteurs de tout un corps voué à la transe d’une nuit vibration."

Jean-Claude GOIRI.

Ce 20 mai 2015, quatre textes de Jean-Claude Goiri, à lire et relire.

Aller faire un tour sur son blog :  https://jcgoiri.wordpress.com/

Et lire la revue FPM (Festival Permanent des Mots), revue de la parole contemporaine.

FPM

18, rue Edmond About

54000 NANCY

Le site : fepemo.com

 

*

 

Prends la forme qu’il faut pour aller partout, juste partout, à chaque endroit qui grince, qui frotte comme il ne faut pas, juste dans la non zone, dans le palais du naître, juste où ta langue va claquer pour dire le mot juste, juste où il ne faut pas mettre un pied devant l’autre, où les vers ne sont libres que de se taire, à l’endroit exact d’où le giclé se reforme, d’où le fusé repart pour de nouvelles aventures, juste là où ça craque quand ta chaise s’alourdit, prends juste la forme qu’il faut pour aller partout, juste cet endroit où les couleurs remplacent toute autre forme de vie, cette vie dont tu rassembles les éclats, juste un moment pour voir ce que ça donne dans le blanc, et pour voir aussi comment ça marche le blanc, et pour ça tu prends juste la forme et le temps qu’il faut pour aller nulle part, et ton œil qui cherche à poser son regard, ce regard qui devient multiple, comme ces herbes folles qui poussent parmi celles qui ne le sont pas, prends juste le temps d’aller beaucoup partout.

 

**

Cette pomme que je pèlerai juste avant le flétrir, je n’en mangerai que la peau, la chair sera pour toi, tu n’auras que le tendre pour affûter tes dents, et les doigts dans le tendre tu la feras tourner toute cette chair tendue vers moi, tu la feras tourner dans ton palais juste avant le flétrir, tu iras de cratère en cratère jusqu’à l’ultime fêlure, avant que d’atteindre le nid des pépins tout bordé de sucs que tes lèvres caressent, juste avant la sècheresse ta bouche se tendra, toute cette chair avançant vers la mienne, et pour assouvir ma soif je n’aurai que tes lèvres.

 

**

 

Je suis parti mille fois rien que pour mieux revenir avec des mains plein les valises et le sourire aux dents, et je déballe à nouveau tous ces trésors cueillis dans ce pays si long qu’on ne traverse qu’allongé, mais je ne ramène ni outil ni matériau pour construire toute une terre rien que pour toi et moi, je n’en ramène que des mots pour habiller mes doigts, pour qu’ils habillent à leur tour ton corps si nu et si frêle, je n’en ramène que des sons pour dégrafer ta vie, pour qu’elle aspire la mienne, je n’en ramène qu’un fil pour te coudre les yeux, pour que tu partes avec moi rien que pour mieux revenir, nous reviendrons mille fois rien que pour mieux partir dans ce pays si proche qu’on ne le voit même pas.

 

**

 

Il y a des jours où je sens la nuit me froisser le regard et déployer les orgues de toutes ces choses à terre que personne ne ramasse, il y a des nuits où je sens le jour frissonner dans son antre et ramasser tout son ciel vers ce point de friction qu’est mon nombril asséché, il y a des jours et des nuits où je ne sens rien d’autre que toi aux paupières si ouvertes que l’on ne voit rien d’autre que nos âmes érigées dans une maison sans toit aux fenêtres ouvertes, il y a des jours et des nuits où il n’y a que ta peau pour contenir mon corps.


"Quand le bout de gras se débat

 Quoi qu’on en dise, descendre dans l’arène pour discuter le bout de gras n’est pas une mince affaire.

L’un cherche la petite bête, l’autre y perd son latin, et, pour ne pas parler comme un concierge on ne sort pas de ses gonds. D’aucuns se cachent derrière leur petit doigt pour ne pas se le mettre dans l’œil ! Et peu s’en faut qu’on ne s’y fasse à boire les paroles de l’un comme s’il en pleuvait.

Ainsi va le monde ! Ne trouvant plus à qui parler sous le pas d’un cheval, on essuie ses lunettes avec des peaux de saucissons : soit on se remonte les bretelles pour mieux s’envoyer aux fraises ; soit on parle de la pluie et du beau temps en se léchant les bottes…

…et, quand les bons fonds font les bons amis, pour conclure, l’air con et la vue basse, ne sachant plus que faire de ses dix doigts, chacun file à l’anglaise son plus mauvais coton, gardant au chaud ce qui ne va pas sans dire avant que l’On ne se taille la part du lion ; C’est pas piqué des vers que de mettre un pied devant l’Autre ;

Et c’est rien de le dire ! "

 

Jean-Claude Goiri, source : page facebook, 02 mai 2015.

Jean-Claude Goiri, d'après une photo de Pauline Goiri

Jean-Claude Goiri, d'après une photo de Pauline Goiri

"Quelque part vers ton visage sans fard

  j’arrimerai

  mes humeurs incertaines.

  Nos pinceaux retrouvés esquisseront quelques rides qui en soulèveront d’autres.

  Dans ces gribouillis-là nous chercherons l’endroit des dessous d’une approche, des dessus    d’une rencontre…

 

 

  …un seul pas dans ton regard et mes yeux le deviennent aussi.

 

 Alors, nous verrons bien quand

  nous pourrons nous asseoir dans ce lieu sans fard que de partout nous gardons."

 

Jean-Claude Goiri, Source : Facebook, 1er mai 2015.

Tag(s) : #La poésie de Jean-Claude Goiri

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