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 "Cependant, dans la salle de classe un crayon rouge, un crayon vert, un crayon jaune et la craie clair de lune du tableau noir attendront longtemps le retour de la main qui savait les plier aux exigences d’une imagination capricieuse. Cependant, vêtus de terre et de ciel, la vierge aveugle et blonde et l’amant percé au cœur par une balle aiguë errent dans le ciel. Nul ne leur enseigne leur chemin. La nuit tombe, une nuit noire et méchante qui les égare des feux mouvants d’une forge aux blêmes lumières d’un homicide océan.

 Dans un cimetière, deux tombes sont vides et deux dalles mortuaires sans nom tombent de la montagne avec fracas dans un torrent froid où, le matin suivant, les écolières boiront sans crainte."

 

 Robert Desnos, Deuil pour deuil. Avril 1922

 

En partage avec La Cause Littéraire (page facebook, 14/11/15).

Ce 5 mai 2015 ce beau texte de Jean-Claude Goiri posté sur fb :

 

…le vent était tellement humain ce matin qu'il m'a ramené une maison toute entière avec plein de gens dedans et tout ça... ils m'ont dit que chez eux, le vent était tout pareil qu'ici... ils m’ont dit que certains en venaient à faire des fondations… « En venir à des extrémités pareilles, c’est quand même un monde ! » m’ont-ils dit… il faut un temps insensé pour que les fondations prennent forme et sèchent… eux, les gens que j’ai pris en plein corps, ne comptaient pas un seul ancêtre qui ait eu le temps de former les fondations avant le premier coup de vent… depuis des générations leurs maisons se trimballent d’un coin à l’autre du monde… il leur faudrait un temps calme, sans un souffle, pour que leur maisonnée ne décolle plus… il faudrait juste le temps que le vent inhumain prenne toute son ampleur… un vent simple, naturel, sans fondations, juste le souffle de la terre, celui qui ne cible pas, celui qui enrobe sans déflagration… juste un temps inhumain pour habiller les Hommes d’un vent de paix…

Jean-Claude Goiri.

Cf. la Revue FPM (Festival Permanent des Mots), revue de la parole contemporaine :18, rue Edmond Aout 54000 NANCY

Le site : fepemo.com

Je saigne de mon nom, "Liberté"

« A qui tue par idéal

 

Ne sais-tu pas combien Dieu s’est vêtu de silence

 Et n’ordonne plus

 Que cherches-tu dans le bruit et la fureur

 Dans l’arrêt du voilier par ton rêve

 Insensible insensé

 Qu’existe-t-il hors la vie

 Les départs les aubes recommencées

 Les carreaux de givre sur la vitre

 Te souviens-tu du souffle sur ton berceau

 Du pas frêle de ton amoureuse un matin de neige

 Dis que sais-tu de cet amour

 Qui se donne et ne reprend pas

 De cette perte et de la porte

 Que sais-tu de la liberté qui jamais ne meurt

 Même sous le boisseau

 Sais-tu combien Dieu s’est vêtu de silence

 Et t’appelle à plus haut soleil

 ... »

Marc Desombre

 10 janvier 2015

http://www.printempsdespoetes.com/index.php

(Source : posté par Alain Marc en Janvier 2015 via fb)

Et ce ciel a dévoré

jusqu’à l’avant- dernière

miette

de cette nuit aux sangs retournés

en-dedans de nos lèvres ourlées

de mots abouchés au noir de l’horreur

ô silence de cette nuit retournée

à l’envers

comme la liberté de nos gestes

dans ce désastre des fenêtres

 

Ce qu’il restait de soleils

lucidité acide

un zeste d’humanité & de miel

gicle dans ce bleu de déveine violacée

de liberté violée

rognée en plein ciel

 

Ce qui veillait encore de nuit

lueur d’espoir en vie

XXIème siècle de boucherie

où des tueries barbares descendent

de nos altitudes à nos pires

mauvais rêves

en plein drame

des tremblements & torpeurs

jusqu’aux fonds meurtriers

de nos outragées mémoires

démantelées

désarçonnées /

émiettées

 

Abîme infini dans les astres désorbités des fenêtres

Infini désastre dans l'orbite désaxé des fenêtres…

 

Murielle Compère-Demarcy

Le numéro 158 de la revue Florilège vient de paraître.

Florilège c/o Stephen BLANCHARD- Président est éditée par l'Association Les Poètes de l'Amitié - Poètes sans frontières

Adresse postale : Maison des Associations, "Les poètes de l'Amitié", revue "Florilège" Boîte H 1, 2, rue des Corroyeurs 21000 DIJON

Mention spéciale soit dit au passage, pour les belles illustrations teintées d'humour de Nicole AVEZARD (la Lucienne des Vamps), en 1ère & 4ème de couverture. Irrésistibles "Stylotes à plumes" !

Dans cette rubrique dédiée à la Liberté, dont le nom saigne en ces temps de barbarie, comme saigne l'âme de l'Humanité, quelques extraits ci-dessous des mots du poète-photographe et ami Khaled YOUSSEF :

"Ils crucifient nos rêves

En ton nom

Ils nous font porter nos blessures

En ton nom

Mon Dieu

Ne leur pardonne rien

Ils savent très bien ce qu'ils font." Khaled YOUSSEF

Tag(s) : #Je saigne de mon nom, #"Liberté"

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