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Quand les Tribulations d'Eric Dubois deviennent constellation d' astre vivant , sémaphores solaires / stellaires d'une poésie en aphorismes...

 

ASTRE VIVANT

25 Janvier 2016, 10:45am

Publié par Les Tribulations d'Eric Dubois

 

astre

vivant

au coeur

du geste

jamais

ne s'en va

jamais

 

***

 

la lune

en équilibre

sur le toit

est une

fildefériste

 

***

il y a

une ombre

au tableau

de la mémoire

 

 

 

oubli

quelque chose

rompre

état de fait

 

***

et quelque chose

qui va

quelque part

loin

 

***

un instant

où tout

se brise

dans la brise

les pensées

 

***

 

Tout est poésie

symphonie des bras

jambes de la nuit

sexes de la lumière

dieu du monde

oeil de la pluie

 

***

 la lumière

devant nous

 

est un cercle

 

***

 La langue

s'étire

dans l'infini

du langage

 

 

***

L'obscurité

se pare

d'artifices

 

***

 

Un peu de

lumière

pour parfaire

l'ennui

 

 

***

paraphe :

je veux laisser

des mots

rien que des mots

 

 

JANVIER 2016

 

 ERIC DUBOIS

 

"Sing the sky / in the mouth of silence" (Éric Dubois)

des nuages perles

de neige et de nacre

défilent sur le collier

des paroles déliées

 tombent des larmes

sur la tombe des armes /

secrètes

 

mêlé au mien

ton paysage

sur le bout de la langue

ton épuisette cherche

la vérité du message /

sur parole

 

"Sing the sky / in the mouth of silence"

tes mots cousus sur ma bouche

aimante

le cri enrobé

du silence

 

© Murielle Compère-Demarcy

A propos d'Astre vivant :

« J'aime beaucoup ces aphorismes poétiques. » Murielle Compère-Demarcy

POEM/ POEME

22 Janvier 2016, 11:29am

Publié par Les Tribulations d'Eric Dubois

 

In the beginning

the summer

the images of blues

nobody on the horizon

 

sings the sky

in the mouth

of silence

January 2016 / Janvier 2016 ERIC DUBOIS

"Sing the sky / in the mouth of silence"

des nuages perles de neige et de nacre

défilent

sur le collier de tes paroles

 

calé sur le mien

ton paysage sur parole

 

"Sing the sky / in the mouth of silence"

tes mots cousus sur ma bouche

enrobent le silence

 

© Murielle Compère-Demarcy, 25/01/2015

Lecture-dédicaces Eric Dubois à la librairie de L'Harmattan rue des Ecoles à Paris, le 15/01/2016
Lecture-dédicaces Eric Dubois à la librairie de L'Harmattan rue des Ecoles à Paris, le 15/01/2016
Lecture-dédicaces Eric Dubois à la librairie de L'Harmattan rue des Ecoles à Paris, le 15/01/2016
Lecture-dédicaces Eric Dubois à la librairie de L'Harmattan rue des Ecoles à Paris, le 15/01/2016

Lecture-dédicaces Eric Dubois à la librairie de L'Harmattan rue des Ecoles à Paris, le 15/01/2016

Le Cahier (Le chant sémantique-Choix de textes 2004-2009), Éric Dubois, éd. L’Harmattan ; 2015   169 p.  17 €

Par Murielle Compère-Demarcy

 

Prologue

 

Le 15 janvier 2016 eut lieu, rue des écoles à Paris, une lecture-signatures / lecture-dédicaces autour de deux recueils publiés par le poète, blogueur et performeur Éric Dubois, chez l’Harmattan.

 

Éric Dubois lut, à cette occasion, des extraits de son recueil Entre gouffre et lumière et de son recueil Le Cahier : Le chant sémantique (choix de textes 2004-2009), édités en 2010 pour le premier, en 2015 pour le second, dans la collection « Accent tonique » dirigée par Nicole Barrière, elle-même poète.

 

Cette lecture fut éclairante.

J’avais lu pour ma part Le Cahier, avais même rédigé un article sur mes impressions de lecture publié en avril 2015 sur le site de « La Cause Littéraire ». Mais la voix d’Éric Dubois me révéla, ce soir-là, d’autres pans de son écriture. À mon retour de cette belle soirée enrichissante de beautés poétiques et conviviale, j’entamai un nouvel article sur Le Cahier, en lien avec les extraits de lecture proposés par le poète, que voici.

 

N.B. : La structure de cette Note de Lecture reprend l’ordre et l’intitulé des titres déclinés dans les différentes parties du Cahier.

 

Rappel du sommaire : Ecriture – Enfance - Le langage du temps/la parole du monde – Epsilon – A la charnière du provisoire – Mise en abyme

 

Avant d’entamer sa lecture, Éric Dubois me demanda à l’impromptu de le présenter aux invités, visiteurs présents. J’ai souligné alors la limpidité du style du poète, au sens où sa poésie nous touche par sa proximité, son contenu en lien avec notre vécu du quotidien, aussi par sa sincérité.

Éric Dubois produit la plupart du temps des textes d’observation de la poésie ordinaire de nos jours et nos nuits –pour qui sait la regarder, l’écouter, mais aussi quelquefois en écrit ce que j’appelle « le fabulatoire », la partition légendaire, issus de l’imaginaire individuel ou collectif.

Le caractère réaliste de ses créations poétiques prédomine, mais la fantaisie n’en n’est pas absente –évidence de la créativité…

La poésie d’Éric Dubois est-elle une poésie lyrique ? On peut l’affirmer, dans le sens où le ressenti des émotions circule dans les pages et où le poète s’exprime assez fréquemment sur la solitude, la marginalité, l’enfance, l’amour…

Lumineuse, davantage que claire-obscure, cependant nuancée de ces demi-teintes qui donnent une touche de délicatesse à sa poésie, l’écriture d’Éric Dubois célèbre en le tonifiant « l’empire des signes », « le chant sémantique ». Son Cahier, langue de l’instant, exauce nos lumières. Mais écoutons plutôt sa voix.

 

 

 

 

 

Ecriture

 

D’entrée Le Cahier dans sa matérialité d’objet-cahier nous ouvre ses pages. Le premier poème lui rend un hommage, le poète posant des lignes où il nous dit le comment de l’Écrire (« dans la marge »), le pour quoi, où il s’interroge :

 

Où écrire le poids de ton âme sur le balancier des mots         (« Le cahier », p.16)

 

Au début, il y eut l’écriture. En deçà / au-delà des mots, déjà. « Le chant sémantique », « l’empire des signes ». Avec toujours, à la portée de soi, un carnet pour écrire :

 

Tu as toujours avec toi un petit cahier    le cahier    tu

écris qu’il est impossible   d’écrire   dans cet état     il

t’arrive parfois de bégayer des mots improbables dans une

langue incertaine dans une syntaxe schizophrène               (« Le cahier », p.16)

 

Avec, toujours, cette question du sens de l’Écrire, sans réponse, dont le sens justement se déploie dans l’étendue et l’envergure de l’écriture, actée, circonstanciée, à délivrer :

 

Pourquoi ces mots

Dans ces pages

fermées ?                                                                             (« L’encrier », p. 17)

 

Le pouvoir des mots sans cesse fait sens, et signe.

 

Le pouvoir des mots

c’est dans le langage

tout ce qui porte sens

 

Ce qui parle à l’âme

comme une voix.                                                                 (« L’empire des signes », p.19)

 

 

Écrire est un seuil, où s’arrête ou s’enfuit des bribes de la mémoire. Écrire est posture. De soi, au sein du monde, en face ou vis-à-vis du monde. Posture tenue d’un moi-écrivant, solide ou fragile.

 

                   (…) et cette envie de déchirer les pages une à

une pour mieux recommencer    ce que tu n’as pas su

faire ta vie    parce que tu n’y croyais pas    tu n’as pas

su    te construire    on ne construit pas avec des

courants d’air                                                                     (« Tu passais », p.20)

 

Entre un passé périlleux et « cet insaisissable devenir » le poète chevauchant l’inconnu monte à cru les mots –« étoffe de nos rêves » dixit le poète dans Laboratoire du Langage 80-, et navigue dans les courants du sens où le porte « la nuit à blanc », « une nuit de sens » (p.21).

 

 

 

L’étoile du poème à ne pas laisser filer dans ces premières pages du Cahier me semble être fixée dans ce distique :

 

Je cherche à mettre au jour

Ce qui n’est pas dit mais oublié »                                        (« Etoiles », p.24)

 

 

Enfance

 

L’écriture d’Éric Dubois laisse place parfois à des textes de prose poétique. L’espace typographique, les mises en forme et en page, disent ainsi avec plus d’évidence l’expression d’un ressenti, d’un instant, le flux du temps et de la fuite des sentiments ainsi marquent une pause. Comme des trouées poétiques dans « Tu passais » et « Béance » de la première partie du Cahier intitulée Ecriture. Dès le premier texte de la seconde partie, Enfance, dans cette prose poétique intitulée « Berceau » :

 

Enfant    je côtoyais une fée    merveilleuse »                         (p.35)

 

Le légendaire ici sort de ses filets enfouis dans les eaux endormies (ou en dormance) de l’enfance, ressurgit la voix de l’enchantement, du merveilleux. Les espaces blancs encore pluriels dans ce texte en prose font toujours sens, et signe. Des baies ouvertes sur la nuit des temps, des rebords où nous appuyer pour y trouver chacun/chacune lecteur/lectrice son propre conte.

« Enfance » a le lyrisme de la nostalgie, traversée de canaux et de viaducs, d’îles et de fleuves, d’amours fugitives, de « (…) dérives le long des berges suspendues » (« Bords de Marne », p.43)-points d’ancrage ou passages.

 

 

Le langage du temps / La parole du monde

 

Cette partie mêle aux saisons (« Printemps », Fin d’été », « Hivernage »), aux mois d’ « Octobre » à « Septembre » déclinés chacun en poème, les « aliments de nos peines », « la neige des jours », la moisson des instants dont le poète laisse sur la route « des petites pierres blanches ». « Signes et traces » ponctuent le temps, gonflent la voile de nos souvenirs, vers un horizon incertain mais large, dédicacé de promesses, grâce à l’envergure des mots cap sur la poésie dans « le mouvement des choses » (p.72),  « le souffle du temps » (p.75).

 

Epsilon

 

Le titre est aussi, comme dans les autres parties, celui du premier poème qui souffle le bruissement de ses mots sur la nuit du silence.

Éric Dubois a lu ce texte lors de sa séance de lecture-dédicaces, le vendredi 15 janvier 2016 dans la librairie L’Harmattan. Le poète chuchotait les mots de ce poème, et le bruit murmuré qui sourd de cette lecture reproduisant le souffle du silence, imprimait une voix, incarnation incantatoire d’une véritable présence, chez l’auditeur.

 

L’ « Epsilon » est ici l’ « Alpha » du poète. À la fois l’origine, la naissance, et le point culminant, l’assomption sur le fil du temps d’événements essentiels, symboliques d’une vie à la fois extatique et énigmatique. La marche du poète, appuyée sur ces jalons, -points de départ, de passage ou relais-moteurs de l’existence- la marche du poète, obstinément, poursuit le chemin vers « la renaissance », le « recommencement ».

 

 

A la charnière du provisoire

 

Ou la « contemporanéité » ballotée entre l’éphémère pouvoir des images, les simulacres et les rêves dérisoires affronte un langage plus métaphorique ici du langage. Exorcisme d’un réel alité ? Déboussolé ? Habitant le monde et le hélant par la force concrète des mots, le poète « insère () des oiseaux / Dans les pages / Du journal / Local (« Soleil & pluie », p.104), dans la rondeur linéaire de nos jours mordus par les blessures, du sable dans la bouche, l’épaisseur du temps où s’entrouvre la nuit. L’Écrire s’affirme, intarissable :

 

Ecrire en éclaireur le rameau du désir

dans les sillons des heures                                              (« Eclaireur », p. 97)

 

L’amour pèse de tout le poids de son être fragile, inévitable. « Aime » (p.122) comme une injonction du poète clôt cette « charnière du provisoire ».

 

 

Mise en abyme

 

De cette mise en abyme, où parlent le désir amoureux, les questions, l’assaut à l’assaut de l’Autre, le monde « dans sa totalité d’être », nos secrets, les pensées, -l’acte d’écrire éclot encore plus majestueusement, poussant / accouchant / expulsant « les mots au forceps du Langage » (« Langage », p. 162).

 

Epilogue    

 

La poésie d’Éric Dubois réchauffe les souvenirs, les cœurs, par sa dense simplicité, sa profondeur limpide, c’est

 

La Poésie partagée

Par les humbles                                                         (« Etoiles », p.24)

 

Le Cahier, sorte de biobibliographie du poète, nous révèle sa sensibilité et éveille la nôtre.

 

 

© Murielle Compère-Demarcy

 

 

 

"Marcher. La pluie dans les pas. Glisse. Le long de la rue. Noire. Lumineuse."

Eric Dubois

(source : page facebook + tweeter ; site Les tribulations d'Eric Dubois ; août 2015).

Cf. site "Les tribulations d'Eric Dubois"

     site "Le Capital des mots"

Source : site fb Eric Dubois.Eric Dubois à la Sorbonne, "Escale poésie et chanson", 10/03/2015.
Source : site fb Eric Dubois.Eric Dubois à la Sorbonne, "Escale poésie et chanson", 10/03/2015.

Source : site fb Eric Dubois.Eric Dubois à la Sorbonne, "Escale poésie et chanson", 10/03/2015.

Eric Dubois à la Sorbonne. Escale poésie et chanson, 10 mars 2015.

A l'occasion de "Voies et visages de la poésie contemporaine 2015", dans le cadre du Printemps des Poètes.

Amphithéâtre Guizot de la Sorbonne.

Photo : Olivier Jacquet.

Soirées organisées à cette occasion par Matthias Vincenot et l’association Poésie et Chanson Sorbonne, avec le soutien de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et de son Service culturel, en partenariat avec l'association La Scène du Balcon.

Eric Dubois est auteur, lecteur-récitant et performeur.

A visiter : "Les tribulations d'Eric Dubois" et "Le Capital des mots"

A lire : son dernier recueil paru : Le Cahier, sous-titré Le chant sémantique, choix de textes 2004-2009 aux éditions de l'Harmattan.

"On y retrouve l'esprit de la quête poétique d'Eric et les thématiques qui sont les siennes, au premier plan l'enfance, les interrogations quant au langage, ses inquiétudes à fleur de peau quant à l'existence, un sentiment de l'abîme et de l'inutile que vient adoucir la recherche de l'amour." Extr. La pierre et le sel (actualité et histoire de la poésie, 24/03/2015).

Murielle Compère-Demarcy à Eric Dubois :

"Continue de nous inspirer des soleils / de beaux rayons tenus. Et en roue-vertige filée dans la métaphore des tes NUITS écumées & AUBES étoilées / sur les cordes du SILENCE & les orgues vibratoires de la LUMIERE (parmi tes thématiques...) / sur les beaux rayons des livres / de belle voltige / l'altitude du verbe dans le Capital des mots." 05/04/2015

Tag(s) : #La voix d'Eric Dubois

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